Atelier « Lieux de mémoire » 1/2

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Transcription

Liliane Chanson
Responsable du bureau des lieux de mémoire et des nécropoles à la direction de la mémoire, du patrimoine et des archives (DMPA) du ministère de la Défense

Je crois que ce film illustre bien la diversité des lieux de mémoire, que l’on peut classer selon différentes typologies si l’on considère qu’un lieu de mémoire est un lieu qui, contrairement à un lieu d’histoire, parle à la fois à la connaissance, à l’intelligence, à l’esprit rationnel, mais parle aussi au sentiment, incite au recueillement et, ce qui explique aussi que le ministère de la défense soit très impliqué dans la valorisation des lieux de mémoire, est un outil pour développer les valeurs civiques, le lien armée - nation, et l’esprit de défense.

C’est en cela que, par exemple, on ne visite pas une nécropole ou un musée de la Déportation comme on visite Versailles ou une ruine antique. Cela ne parle pas de la même manière à l’esprit humain. Donc, les lieux de mémoire, on peut les classer de différentes façons. On peut dire qu’il y a déjà ceux qui sont un théâtre d’un événement, par exemple la prison de Montluc, le fort du Mont Valérien, les plages du Débarquement, Verdun. Ou alors, des lieux créés de toutes pièces pour rappeler la mémoire des conflits. C’est le cas d’un grand nombre de musées, le musée de Meaux, le musée de Péronne. Ça peut-être aussi le Mémorial du débarquement en Provence qui se trouve au mont Faron à Toulon. Mais il ne s’est rien passé dans le fort du mont Faron. Cela peut être la même chose pour le Mémorial des guerres d’Indochine à Fréjus. On a choisi Fréjus parce que c’est de là que partait l’essentiel des troupes, mais il ne s’est rien passé sur le site. Donc, vous avez déjà ces deux catégories. Vous avez des catégories mixtes, bien entendu, des sites qui peuvent appartenir aux deux catégories. Le cas le plus caractéristique, c’est Oradour-sur-Glane. Il y a le village martyr, qui d’ailleurs relève de l’État, et il y a le mémorial qui a été créé par le département et qui est un centre d’interprétation. Donc il y a les deux aspects.

On peut les classer aussi par thèmes. Il y a des sites à vocation générale, par exemple le Musée de l’armée, d’autres qui parlent d’un conflit plus précisément – Première Guerre mondiale, Seconde Guerre mondiale – ou alors des sites beaucoup plus spécialisés. Le Musée Somme 1916, ce sont les batailles de la Somme en 1916 ; le Mémorial de la Shoah – il y en a d’autres sur le thème de la Shoah –, s’est spécialisé sur ce thème-là ; vous avez le Cercil, Centre d’étude et de recherche sur les camps d’internement. Donc, cela peut être plus ou moins spécialisé.

On peut aussi envisager une autre typologie – c’est un peu ce que vous avez vu ici au point de départ – par nature. Vous avez des lieux de mémoire qui sont des paysages : des cratères, des plages, des tranchées… Vous avez des lieux de mémoires qui sont des monuments commémoratifs. On en trouve énormément et de plus en plus. Le plus caractéristique comme lieu de mémoire, c’est le monument aux morts, que l’on trouve dans pratiquement toutes les communes de France, qui est un lieu de commémoration. Vous avez les plaques commémoratives. On peut faire un circuit dans Paris de toutes les plaques commémoratives « Ici est tombé pour la libération de la France... » Vous avez les musées, les centres d’interprétation, qui sont des constructions purement intellectuelles, qui sont faites pour apporter la connaissance et la compréhension. Éléments d’ailleurs qui se développent de plus en plus, on l’a évoqué ce matin. Jusqu’à une période récente, les lieux de mémoire se passaient d’explication parce que les faits étaient bien connus. Quelqu’un à l’Historial il n’y a pas si longtemps nous disait que les jeunes d’aujourd’hui ne savent plus qu’un casque à pointe, c’est un casque allemand, ce que tout le monde savait il y a 50 ans. Donc, le besoin de centres d’interprétation, de moyens de médiation, pour comprendre les sites, est croissant, ce qui fait que de plus en plus, on crée à côté des lieux de mémoire... Que ce soient les Français ou les étrangers, les Néo-Zélandais, les Australiens, les Canadiens investissent en France dans des centres d’interprétation, à proximité de leurs sites, pour pouvoir apporter des explications aux visiteurs. De la même manière, à Notre-Dame de Lorette, où on vient d’inaugurer un monument commémoratif, prochainement va être construit un centre d’interprétation pour compléter l’ensemble du dispositif.

On peut avoir d’autres typologies. Une qui intéresse beaucoup les acteurs du tourisme, c’est : les sites payants, les sites gratuits. Avec parfois des sites mixtes. Notamment, au ministère de la défense, pour nos hauts lieux de la mémoire, on considère qu’ils sont d’accès libre dans la mesure où ce sont des lieux de mémoire et que tout visiteur peut y accéder librement. Mais les expositions temporaires ou, au Struthof, le centre d’exposition, eux, sont payants. Donc vous pouvez avoir la mixité. Même chose à Oradour : le village est en libre accès, le mémorial est payant.

Vous avez des sites où il y a un accueil, d’autres sites qui sont en visite libre, comme les plages du Débarquement, Verdun, les villages détruits... Vous vous promenez comme vous voulez, alors que dans d’autres sites, il y a un accueil, une médiation. Donc il y a une extrême variété de sites et quand on s’adresse aux enseignants, on a envie de dire qu’il ne faut surtout pas se focaliser sur un seul type de sites. Visiter un musée, c’est bien. Mais visiter un musée sans avoir vu des lieux authentiques, c’est peut-être un peu dommage. Voir des lieux ou voir des plaques commémoratives ou voir des monuments sans remise dans leur contexte par l’intermédiaire d’une médiation, musée ou centre d’interprétation, c’est un peu dommage. Donc il faut savoir jouer sur la variété de ces sites pour pouvoir en tirer le maximum de profit.

Parmi tous les sites dont je vous ai parlé, il y a – ce qui va être l’objet de la deuxième partie de mon exposé – des sites particulièrement caractéristiques de la Première Guerre mondiale, qui sont les cimetières militaires français ou étrangers. Je ne sais pas si vous avez entendu parler – le président de la République en a parlé dans son discours du 11 Novembre – du projet de classement à l’Unesco des sites et paysages de la Grande Guerre. Le principe qui fonde et qui justifie ce classement est que c’est avec la Grande Guerre que va apparaître le principe de la sépulture individuelle alors qu’auparavant les soldats – sauf les officiers supérieurs – étaient enterrés en tombes collectives, en ossuaires, alors que le XXe siècle voit apparaître l’intérêt pour la personne humaine, l’individu. Et on va considérer que chaque soldat a droit à une tombe personnelle, avec son nom. Ce qui n’empêche pas, bien entendu, qu’il y ait des ossuaires, quand on n’a pas réussi à identifier les corps ou que les restes étaient trop mélangés. Les deux vont coexister mais, chaque fois que possible, on va inhumer les soldats en sépultures individuelles. Là, on va voir... C’est très international, c’est un phénomène qui va dépasser le cadre français. En France, c’est en 1915 que le principe de la sépulture individuelle va être acquis. Mais dans le même temps, les Anglo-Saxons, les Allemands et par la suite les Américains vont aussi adopter, simultanément, ce principe de la sépulture individuelle, du respect des combattants.

Qu’y a-t-il de commun à tous ces cimetières ? Il y a donc la prise en compte de l’individu, le fait que toutes les tombes sont nominatives quand on a le nom. Sinon, c’est « inconnu » mais quand il y a un seul individu inconnu, il a une tombe pour lui tout seul. Le point commun des cimetières militaires, c’est qu’il y a inscription, de différentes façons, sur une plaque ou directement gravés sur une stèle, du nom et du prénom du soldat, de son unité, de sa date de décès. Les Américains ajoutent l’État auquel il appartient. Pour les Anglo-Saxons, il y a un symbole qui représente celui des pays du Commonwealth auquel il appartient : l’érable canadien, le chardon, etc. Pour les Anglais, il y a aussi, à chaque fois que possible – ce sont eux qui vont le plus loin dans la personnalisation –, l’indication du régiment. Les Français le mettent aussi, mais les Anglais ajoutent la possibilité pour les familles de mettre une brève inscription personnelle. C’est cinq lignes maximum pour éviter de trop charger la stèle mais, pour bien individualiser, les familles pouvaient ou peuvent encore demander le petit texte qu’ils veulent faire inscrire sur la stèle. C’est un élément commun à l’ensemble des cimetières.

Autre élément commun, c’est très démocratique : traitement égal de tous les combattants, quel que soit leur grade. Quand on se promène dans un cimetière militaire, que ce soit le lieutenant, le commandant, le deuxième classe, la tombe est identique.

Troisième point... (J’essaierai de vous passer des images ensuite, parce que comme je me débrouille mal avec ces appareils, cela compliquerait peut-être un peu les choses.) Je vais revenir un peu en arrière. Là, c’est la diversité des sites. Là, sépulture collective, 1914, c’est la tombe de Charles Péguy, près d’ici, à Chauconin-Neufmontiers. Une nécropole française... Là, vous voyez bien l’identité des croix. Une autre nécropole française… Toujours une nécropole française… Là, petite différence, nous sommes en montagne, donc on a été obligé de tout minéraliser pour des questions d’entretien. Là, cas particulier, les emblèmes, au lieu d’être des croix, sont des plots. C’est relativement rare. C’est ce qu’on a fait en Algérie au moment où on avait trop de dégradations. Là, c’est dans le sud de la France, à Luynes. Là, une nécropole française et une nécropole britannique... Nous sommes ici, et là ce sont les Britanniques.

J’arrête pour finir sur les points communs de tous nos cimetières militaires. À partir du moment où c’est individualisé, ce que nous appelons l’emblème, c’est-à-dire la stèle ou la croix, porte la mention de la religion du combattant quand on la connaît. Par défaut, on met une croix mais sinon, que ce soit la France, l’Allemagne, les États-Unis ou les pays du Commonwealth, quand il s’agit de quelqu’un de confession israélite, on met un emblème spécifique israélite, s’il s’agit de quelqu’un de confession musulmane, on met un emblème musulman. Ça c’est plutôt pour les Français... Là, on n’en voit pas, ce sont des stèles britanniques… Là, vous voyez bien, les stèles britanniques, avec les ornements différents selon les régiments et les pays d’origine. Là, vous avez une stèle musulmane et des croix françaises… Là aussi, vous voyez bien la différence entre les deux. Là, une nécropole allemande… Ce qui va m’amener à la deuxième partie.

Je vous ai dit ce qu’il y avait de commun, mais il y a aussi une identité propre à chaque type de cimetières. Si l’on démarre par les cimetière allemands, les cimetières allemands, c’est le Walhalla, c’est le romantisme. Il y a très rarement des fleurs, sauf parfois sur les ossuaires, beaucoup d’arbres et des croix noires. C’est le style allemand. Ça, c’est spécifique, c’est une nécropole italienne... Il y en a peu. Elle n’a pas de style particulier sauf une magnifique entrée dans le style romain. Une nécropole américaine... L’Amérique, son principe – ils ont fait appel à des architectes pour cela –, c’est qu’il faut montrer la grandeur de l’Amérique. Tout est fait pour donner une impression d’immensité ce qui fait que vous avez l’impression qu’il y a une infinité de croix, mais c’est bien calculé, c’est un effet de perspective. Vous voyez bien l’emblème israélite au milieu des croix. Leurs emblèmes, non seulement donnent une impression d’immensité, mais aussi de richesse, parce que tous leurs emblèmes sont en marbre de Carrare. Là, c’est une croix française. La France, ça a été une conception purement administrative, on n’a pas fait appel à des architectes, avec un double objectif : permettre le recueillement des familles, que les familles puissent mettre un objet pour honorer leurs défunts – là, vous le voyez, ils ont mis un petit médaillon – et, deuxième objectif, permettre aux anciens combattants d’organiser des cérémonies, donc nécessité d’une place d’armes et d’un mât. Quant aux Anglais... Ça c’est un emblème israélite, un emblème musulman, là un emblème sans confession... Je passe vite… Toujours les Américains… Un emblème israélite allemand… Pour les Anglais, c’est autre chose. Eux, c’est le jardin d’Éden, ce sont les fleurs, c’est la luxuriance, c’est le gazon. Ils en ont même dans le Sahara. Donc c’est une optique un petit peu différente, beaucoup plus « jardin anglais ». Ce n’est ni la rigueur française ni la discrétion allemande.

Cela dit, en France, il y a aussi une certaine diversité qui prend en compte des cas particuliers. Là, je vous ai mis la nécropole russe dans la Marne où les Russes ont aménagé une petite chapelle. Dans la Marne, cela fait un peu curieux, ces bulbes… Là, c’est à La Teste-de-Buch en Gironde, un monument aux Sénégalais et aux Russes. Le Tata sénégalais qu’on a vu tout à l’heure… Le monument aux soldats musulmans à Douaumont… Là, c’est à Diên Biên Phu… A l’étranger, bien entendu, on a davantage de diversité. Là, vous avez le cimetière en Corée. Vous voyez que ce n’est pas du tout le style français, mais c’est notre cimetière. Ça, c’est un cimetière en Serbie, donc là, il y a pas mal de différences.

Pour finir, actuellement, en France, puisque je m’adresse à des enseignants, nous essayons d’orienter l’aménagement de nos nécropoles dans un souci de développement durable. Notamment, le ministère de la défense a lancé, en liaison avec l’éducation nationale, une opération « 1 000 arbres pour les nécropoles », qui s’adresse plutôt aux enseignants du primaire – mais les collégiens peuvent aussi participer –, et qui vise à donner un sens nouveau à ces nécropoles en les insérant dans toute la politique de développement durable, de préservation de la biodiversité. Cela permet aux enseignants de faire un enseignement à la fois sur l’histoire et sur le développement durable par le choix de l’essence, la plantation de l’arbre, et d’allier cet aspect. Ils ont défendu leur pays et maintenant il faut que le sacrifice ne soit pas inutile, mais que ce pays perdure en respectant l’avenir de la planète. 

[Questions de l’assistance]

– Je suis étonnée par cette nécropole avec des plots. Vous avez évoqué le fait que c’était pour éviter des dégradations. Mais, à ce moment-là, pourquoi ne pas généraliser la chose ? Ce serait triste, remarquez ! Pourquoi là-bas, dans le Var, des plots ?

– Dans le Var, ce n’était pas pour éviter les dégradations. D’ailleurs, globalement, on en a très peu, des dégradations. Dans le Var, cela a été conçu comme cela pour des facilités d’entretien. Mais c’est en Algérie, à la fin des années 90, quand on a eu beaucoup de soucis, quand on a été obligés de rapatrier nos services, qu’il y a eu pas mal de dégradations. Sinon, globalement, il y a très peu de dégradations dans les cimetières. Les seuls qui ont vraiment des ennuis sont les Allemands, parce que les malheureux ont mis beaucoup de bronze, et en fait de dégradations, ce sont des vols. Ce n’est pas du vandalisme, ce sont des vols. Mais sinon, le vandalisme dans les nécropoles, c’est très rare. Mais Luynes, c’est un cas particulier. On l’a fait parce que ça facilitait d'entretien.

– À quel moment la plupart des cimetières – parce qu'on le voit ici, ils sont quand même assez magnifiques – ont-ils été réaménagés, repensés ? Quand vous dites que les Américains ont fait appel à des architectes, est-ce que c'est des architectes français, internationaux ? Comment ça s'est passé ? Est-ce que ces concessions, les terrains, leur appartiennent ?

– La plupart des nécropoles... Certaines ont commencé à être aménagées avant la fin de la guerre, mais la plupart ont été aménagées après la guerre. Les Anglais et les Américains ont fait appel à des architectes. Chez eux, pas chez nous. Les Anglais, ce sont des architectes britanniques qui ont conçu leurs jardins d’Éden tous de la même manière. Dans tous les cimetières britanniques, vous avez la croix du sacrifice avec son épée. Vous avez, quand ils sont suffisamment grands, un petit monument avec une phrase de l’Ecclésiaste : « Leur nom perdurera à jamais ». Et tout est conçu sur le même modèle. Les Américains, pareil. Mais ils n’ont que 11 cimetières en France pour les deux guerres mondiales. Les Anglais, eux, ont pris le parti d’inhumer leurs soldats sur place, donc ils ont une foultitude de petits cimetières. Les Allemands n’ont pas fait appel à des architectes. Ils ont la spécificité des croix noires et ils ont pris aussi le parti – ils étaient quand même dans un pays ennemi – d’une relative discrétion. Le Walhalla et les arbres, c’est un souci de romantisme, mais c’est aussi un souci de se fondre dans le paysage, que ce ne soit pas trop visible. Les Français... C’est l’administration, le ministère des pensions, qui a pris en charge l’aménagement des nécropoles. Elles ont été aménagées progressivement, grosso modo, on peut dire pour l’essentiel des années 20 jusqu’aux années 35. Par regroupement, on a exhumé de tous les petits cimetières du front pas mal de soldats pour les regrouper dans les nécropoles, et il y a eu aussi les recherches sur le théâtre des combats qui ont duré jusqu’en 1935 à peu près. Ensuite, il y a eu d’autres nécropoles, beaucoup moins, au cours de la Seconde Guerre mondiale. Les nécropoles sont rénovées régulièrement. Vous avez vu pas mal de sites. Il y en a qui n’ont quasiment jamais été rénovés depuis les années 20, qui sont pratiquement, on peut dire, « dans leur jus ». Notamment ceux des Vosges qui sont souvent avec des croix en grès des Vosges, qui ont bien tenu. D’autres qui ont été rénovés à deux, trois, quatre reprises... Donc il y a des styles différents. Il y a notamment toute l’époque où on faisait des emblèmes en résine. La résine, ça résiste très mal au soleil, alors les emblèmes prennent des formes bizarres, c’est affreux. Donc là, on est en train d’éliminer tous ceux qui sont dans cet état-là et, à l’occasion du centenaire, parce qu’il y a toujours des périodes… Il y a eu une période dans les années 80, au moment où on a commencé à s’intéresser aux questions de mémoire, et aussi à essayer de valoriser les sites. Il y a eu des campagnes de signalisation et il y a eu une grande campagne de rénovation. Là, actuellement, à l’occasion du centenaire, il y a une nouvelle campagne de rénovation. On prend les sites qui sont en plus mauvais état et on les rénove. Récemment, on a refait complètement la nécropole de Fleury-devant-Douaumont, qui est la deuxième de France après Notre-Dame de Lorette. Cela a pris trois ans, mais maintenant c’est beau, c’est tout neuf, c’est magnifique, mais cela n’a plus rien à voir avec ce qu’était Fleury dans les années 20.