Introduction de l’après-midi et présentation de la Mission du centenaire

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transcription

Alexandre LAFON
Conseiller pour l’action pédagogique de la Mission du centenaire

Cette journée s’inscrit pleinement dans l’action pédagogique développée depuis maintenant plus de deux ans en direction de la communauté des enseignants et de la communauté éducative en règle générale, autour de cette action pédagogique que nous avons voulu construire autour de trois axes forts.

D’abord en direction des enseignants et des élèves, la notion de « partager ». Parce que commémorer, étymologiquement, c’est se souvenir ensemble. Il n’était pas question évidemment de « célébrer » la Première Guerre mondiale, mais de la commémorer. Se souvenir ensemble, c’est se partager. Partager les mémoires qui peuvent exister encore, qui sont les supports de la manière dont on se souvient de la Grande Guerre aujourd’hui, par la lecture, par les enseignants et les élèves, de l’espace proche, des sources, des traces qui restent de la Première Guerre mondiale, à différentes échelles. À l’échelle familiale, à l’échelle locale, municipale, à l’échelle régionale, nationale et également internationale. Vraiment partir du sensible à travers la découverte de ces traces importantes laissées par le conflit dans cet espace proche.

Deuxième axe fort, faire œuvre d’histoire, parce qu’il ne s’agissait pas de rester sur le sensible, mais bien, à partir de ces sources et de ces traces, de les interroger pour comprendre quel est aujourd’hui l’écho, les résonances de la Première Guerre mondiale, dans le monde contemporain, dans l’espace physique, mais aussi matériel, des élèves. Et Dieu sait que la Première Guerre mondiale garde, conserve une force, un impact important. Je parlais tout à l’heure de l’espace proche. Au niveau matériel, c’est la géographie urbaine, le nom des rues, qui structure évidemment les points de repères à différentes échelles. Mais c’est aussi l’idée de la construction d’une paix des peuples, à l’issue de la Première Guerre mondiale, qui fera florilège, puisqu’elle va être aussi à l’origine, après la Seconde Guerre mondiale, de la création de la Société des Nations. Mais elle était déjà sortie des tranchées en 1918.

Ces deux exemples pour vous dire combien la Première Guerre mondiale reste encore d’actualité aujourd’hui. Mais on pourrait, et c’est le cas actuellement, l’interroger au niveau culturel. L’impact qu’elle a pu avoir, les accélérations qu’elle a pu mener, etc. Partir du sensible avec les élèves et faire œuvre d’histoire. Faire un travail de mémoire pour, justement, une sorte de devoir d’histoire. Pas en termes d’injonction, mais de nécessité, à partir des mémoires, de faire de l’histoire, c’est-à-dire de donner sens aux éléments étudiés.

Le troisième axe, c’est placer les élèves en position d’héritiers. Faire des élèves pleinement des acteurs des commémorations. En particulier, dépoussiérer le rituel commémoratif hérité de la Première Guerre mondiale, avec : prendre des classes prétextes, les amener au monument aux morts, les faire chanter, puis les ramener ensuite sans qu’il y ait d’explication sur le sens de cette cérémonie, en termes de compréhension du rituel. Se mettre bien dans la tête que pour des élèves de cycle trois – CM 2 en particulier aujourd’hui –, la Première Guerre mondiale, c’est de la préhistoire. Le fait qu’ils ne le sachent pas, qu’ils ne connaissent pas le conflit, n’est pas une tare. J’ai en tête, il y a quelques années, des discussions avec des adultes, et en particulier avec le monde combattant. Ils disaient : « Mais ils ne savent rien ! » Mais oui, ils ne savent rien, évidemment qu’ils ne savent rien ! Mais on est là pour donner sens. Leur apprendre, et ensuite donner sens à cet événement. Pour qu’on puisse leur donner sens, on ne peut pas continuer à rester dans un rituel commémoratif hérité de la période elle-même, qui n’a plus de sens sensible pour les élèves d’aujourd’hui, qui sont coupés de la mémoire familiale directe en particulier, et de la présence des témoins de la Première Guerre mondiale, qui donnaient sens au rituel par leur présence devant le monument aux morts. Donc, placer les élèves en héritier de ces commémorations, en leur faisant redécouvrir ou découvrir le monument aux morts, et peut-être en faisant en sorte qu’ils puissent se l’approprier aujourd’hui. Avec, par exemple, la création de nouveaux monuments sur lesquels ils vont pouvoir travailler cette mémoire et cette histoire de la Première Guerre mondiale. Ces nouveaux monuments, c’est des monuments physiques, mais ça peut être évidemment des productions immatérielles, numériques, des expositions, des livres monuments, c’est-à-dire qui sont voués à rester, et qui permettent aux élèves aujourd’hui de s’approprier, par la manière dont ils ont pensé le monde en 2014, cet événement du passé, en 1914.

Voilà en gros les trois axes qui ont guidé l’action pédagogique de la Mission du centenaire, en sachant très bien que cette notion clé de transmission, qui traverse ces trois axes, était évidemment dans la feuille de route, inscrite en premier dans ce que la Mission du centenaire était censée produire pour ce premier cycle commémoratif de la Première Guerre mondiale.

Je reviens en quelques mots sur cette notion clé de cycle commémoratif. La Mission du centenaire, qui est un groupement d’intérêt public, a été créée dès 2012 pour penser en amont la manière de commémorer. Elle avait pour mission de mettre en œuvre les commémorations à différentes échelles, à l’échelle des territoires en France, mais aussi penser le cycle commémoratif à l’échelle des grands temps forts qui pourraient rythmer l’année 2014. Grands temps forts nationaux mais également internationaux, avec derrière l’idée qu’on commémorait en fait toute la Première Guerre mondiale en 2014, sur le modèle du bicentenaire, où on a commémoré l’ensemble de la Révolution française en 1989 pour toutes les années révolutionnaires. Évidemment, ce qui pose des questions, mais c’était un choix.

Évidemment, la dimension nationale et internationale était importante pour la Mission du centenaire, parce que la France, en quelque sorte, est la vitrine d’un centenaire mondialisé. D’ailleurs, la Mission du centenaire ne s’appelle pas la Mission du centenaire de la Grande Guerre – aspect sensible, la Grande Guerre renvoyant à la manière dont les contemporains ont vécu l’événement –, mais bien la Mission du centenaire de la Première Guerre mondiale. C’est-à-dire une mise à distance de l’événement et la nécessité de lui donner son caractère de conflit mondial. Donc, la Première Guerre mondiale a bien été un événement mondial et commémoré comme tel aujourd’hui. La France, comme ancien champ de bataille majeur – pas unique, mais majeur – du premier conflit mondial, est la vitrine de ces commémorations organisées. À telle enseigne que nous recevons sur les anciens champs de bataille des élèves britanniques, canadiens, néo-zélandais, australiens... Néo-zélandais et australiens qui vont venir en masse en début 2015 pour commémorer leur centenaire : le 25 avril 1915, l’ANZAC Day, débarquement des troupes à Gallipoli. Ces troupes australiennes et néo-zélandaises qui vont commencer à combattre pour elles-mêmes et pour les nations australienne et néo-zélandaise qui vont sortir raffermies, et naître en quelque sorte du premier conflit mondial. Des Canadiens, en 2017, qui vont être là aussi, nombreux, pour les commémorations de Vimy. Des Américains (des États-Uniens, plus précisément), en 2017 aussi, etc. Donc, il était nécessaire pour nous en France de ne pas imaginer des commémorations qui soient uniquement franco-françaises, puisqu’on serait passé aussi à côté de la possibilité de comparer les mémoires. Vous allez voir que ça a été aussi un des éléments qui ont guidé la Mission du centenaire.

À partir de ces quelques éléments de présentation générale... Vous dire aussi que la Mission du centenaire, c’est une quinzaine de personnes. L’action pédagogique est incarnée par la personne qui vous parle aujourd’hui. Il n’y a pas un service de l’action pédagogique à la Mission du centenaire.

À partir de ces quelques constatations, je voulais dans un deuxième temps vous donner les grands axes de mise en œuvre de ces commémorations. À partir de cette manière de penser les commémorations, qu’est-ce que nous avons souhaité faire ?

Premièrement, sensibiliser à ces enjeux l’ensemble de la communauté des enseignants et des corps d’inspection parce que, au vu de ce que je vous ai raconté et dans la volonté d’entrer dans les commémorations aussi par l’aspect civique et politique, on pourrait dire que le centenaire était trop sérieux pour le laisser aux seuls historiens. D’où une approche éminemment pluridisciplinaire et une sensibilisation des corps d’inspection, à la fois inspection générale, mais aussi ensuite sur le terrain, IEN, conseillers pédagogiques, mais également IA-IPR de lettres, DAC... enfin, toute l’économie, à la fois centrale et dans les académies, des instances pluridisciplinaires ; évidemment aussi, tout ce qui est relations internationales.

Cela a été le premier travail qui a été mis en place. Et puis nous souhaitions aussi valoriser les projets pédagogiques, les coordonner, et non pas faire du haut en bas, de l’injonction, en disant : « il faut faire cela, voilà comment il faut le faire, etc. ». Pour cette action-là, nous avons mis en place des comités académiques du centenaire, un par académie, avec une économie extrêmement ouverte, très pluridisciplinaire, inter-degrés, beaucoup de culturel, parce que l’idée, c’est bien d’approcher ce centenaire aussi par le culturel, la création artistique. Si on veut que les élèves deviennent héritiers, il faut qu’ils puissent s’emparer, à partir des outils qu’ils connaissent et de leur sensibilité, de ces commémorations. Des comités académiques qui ont très bien fonctionné, qui se sont réunis dans toutes les académies, à plusieurs reprises, et qui ont fait remonter à la Mission du centenaire des projets. Première sélection au niveau académique pour que nous les labellisions, c’est-à-dire qu’on leur donne un cachet : « remarquable », « projet structurant »… Il n’était pas du tout question de censurer les projets, mais plutôt de valoriser les projets les plus aboutis, donc nous avons appelé les académies à valoriser à leur échelle les projets qui n’avaient pas passé le cap des projets académiques.

Tous les projets n’ont pas été labellisés, notamment pour le premier degré. Nous avons labellisé d’un bloc un concours qui s’appelle le Concours des petits artistes de la mémoire, parce que c’est un concours porté par l’Office national des anciens combattants, mais qui était intéressant, depuis 2006, dans le sens où il était demandé aux élèves de CM 2 de travailler sur la mémoire d’un combattant de la Grande Guerre qui a existé, à partir de recherches aux Archives, de recherches au monument aux morts, etc., et de créer un carnet artistique. On avait là une entrée par projet qui, à mon avis, est absolument intéressante pour ce genre de travail, et pluridisciplinaire. Nous avons soutenu ce projet-là pour l’ensemble des classes du premier degré et voilà, par exemple, un élément qui a fonctionné. 220 classes étaient inscrites lors de l’année 2012-2013. Elles étaient 540 pour l’année 2013-2014. Il y a l’effet centenaire. Je pense aussi qu’il y a l’effet d’avoir laissé un peu plus de liberté aux enseignants du premier degré, de ne pas forcément faire un carnet matériel, mais peut-être de faire aussi un film, peut-être aussi de choisir un support numérique. Et puis pour l’année 2014-2015, on a souhaité aussi élargir les mémoires vers les témoignages, pas seulement combattants, mais de civils en guerre, mais aussi de femmes en guerre. Civils, mais aussi femmes en guerre, comme infirmières par exemple, puisqu’on a à disposition des carnets d’infirmières en particulier.

Un premier bilan quantitatif ici et puis une remise des prix académique et puis une remise des prix par le président de la République à l’Élysée, le 11 novembre, qui a été un moment absolument génial et pour les enseignants et pour les élèves, puisque nous avons fait venir les lauréats de toutes les académies, métropolitaines et ultra marines, à l’Élysée, un enseignant et un élève, parce que nous souhaitions, cent ans après, montrer que la mobilisation, autour des commémorations, de la communauté enseignante, venait de tous les territoires, comme en 1914 la mobilisation a aussi touché l’ensemble des territoires.

Cette mise en place des comités académiques, pour revenir là-dessus, a débouché sur la labellisation de 517 projets pédagogiques. 517 projets pédagogiques, c’est le haut de l’iceberg, c’est-à-dire qu’on doit être à quelque chose comme 2 000 projets pédagogiques qui se sont mis réellement en place. Bon an mal an, les premiers calculs que l’on a faits, sans être vraiment d’un optimisme crasse, c’est qu’à notre sens, à peu près un tiers des élèves de tous niveaux, scolarisés en 2013-2014, ont à un moment donné travaillé sur un projet centenaire, ce qui est quand même un chiffre assez important. Évidemment, on peut toujours faire mieux, mais nous en sommes plutôt contents. Avec aussi le réseau des établissements français à l’étranger, sur lequel nous avons beaucoup travaillé. AEFE et Mission laïque française, qui produisent des choses extrêmement intéressantes. A Douala, à Dakar, à Kyoto, on reçoit des projets d’établissements français à l’étranger absolument magnifiques, avec à la fois un travail sur la mémoire française mais aussi sur la mémoire locale de la Première Guerre mondiale, qui existe aussi au Japon puisque le Japon a participé au premier conflit mondial. C’est aussi très intéressant, pour la Mission du centenaire. On a élargi les questionnements autour du conflit, notamment sur son aspect international.

Une autre réussite peut-être de ces commémorations, c’est la création ou la facilitation des synergies entre les établissements. Cette journée, je ne vais pas en parler beaucoup, parce que cette journée est vraiment la preuve de la manière dont les commémorations se sont mises en place et ont facilité ces échanges. Avec aujourd’hui présents des acteurs publics, des acteurs privés, la BNF, les Archives nationales de France, le CPAD, l’Historial de la Grande Guerre de Péronne, des enseignants, deux ou trois académies, qui réfléchissent ensemble à la manière de travailler ces commémorations de la Première Guerre mondiale d’un point de vue très contemporain dans leurs classes.

Je pourrais citer beaucoup de projets. Un me vient en tête. L’Ecole supérieure de journalisme de Lille, par exemple. Des étudiants ont travaillé pendant l’année scolaire 2013-2014, pour leur mémoire de fin d’études, avec 30 établissements de l’académie de Lille. En fait, les étudiants étaient les tuteurs de classes. Ils sont venus travailler avec les classes du secondaire sur l’éducation aux médias. Qu’est-ce que l’éducation aux médias, à partir du traitement de la Première Guerre mondiale ? Les étudiants eux-mêmes de l’école ont fait tout le champ de bataille pour faire un magazine dans lequel ils attaquent, si je puis dire, chaque secteur du front, autour d’une thématique. Ensuite, les élèves ont pu restituer leur travail du secondaire à l’Ecole supérieure de journalisme de Lille, donc mettre un pied dans ce que c’est que l’enseignement supérieur. Voilà ce que la mission a aussi tenté de faciliter.

Évidemment, tous les projets ne sont pas aussi protéiformes, aussi originaux. Si nous nous essayons à une typologie pour terminer, on a beaucoup de projets très mémoriels. Deux tiers de projets mémoriels à partir de l’étude locale, du monument, du parcours des combattants de la commune, et un vrai travail avec les Archives départementales, qui ont joué un rôle fondamental dans cette dynamique pédagogique. Des projets humbles, autour de la mémoire locale, du village. Qu’est-ce que les poilus ont raconté de la vie au front ? Quel est le destin des combattants de Compiègne, des petits villages à Toulouse ou à Rennes ? Petite parenthèse : tous les territoires, que ce soient les anciennes académies de la ligne de front ou Toulouse, Nice, etc., ont embrayé le pas des commémorations. Il n’y a pas de différenciation régionale, hormis peut-être beaucoup plus de projets, pas forcément remarquables, sur l’ancienne ligne de front, mais beaucoup aussi dans les académies de l’arrière.

Deuxième type de projets : des travaux, des thématiques un petit peu originales, et souvent adaptées aux élèves qui sont en face des enseignants. Un exemple, un lycée professionnel qui travaille sur les prothèses médicales va travailler sur les gueules cassées. D’autres lycées professionnels, plutôt en chimie, ont travaillé sur l’odeur dans la Première Guerre mondiale. C’est extrêmement riche. On sait qu’il y a eu un beau travail de fait sur les sons dans la Première Guerre mondiale, à l’Historial. Les odeurs aussi du champ de bataille ; les gaz de combat, évidemment, etc. Quelques exemples, j’ai en tête un très beau monument du centenaire construit par des élèves de lycée pro maçonnerie et chaudronnerie, ensemble, qui ont construit un monument du centenaire devant leur lycée, inauguré en grande pompe par toutes les autorités. Ce sont eux qui ont constitué les rituels de la cérémonie d’inauguration, c’était absolument génial, avec toute leur naïveté peut-être, mais qu’on a laissé faire. Ce n’était pas les adultes qui étaient à la manœuvre, mais c’était bien les élèves et je pourrais évidemment multiplier les cas.

Tout cela pour dire que, à mon sens... Vous irez, et vous y êtes déjà allés, voir sur le site de la Mission du centenaire, l’espace pédagogique. J’ai eu l’occasion aussi de commettre un texte dans Historiens et Géographes, que vous retrouverez facilement, sur le centenaire comme laboratoire pédagogique. Il me semble que, au-delà de ce qui a été mis en place sur l’aspect commémoratif propre, les commémorations ont permis aussi de réfléchir à nos pratiques pédagogiques, et en particulier à la pédagogie par projet, par objet, si je puis dire. La Grande Guerre comme objet pédagogique que l’on interroge ensemble de façon pluridisciplinaire.

Je prends un exemple. Au lieu de faire de la pseudo pluridisciplinarité, en disant : on prend une lettre de combattants, et puis on l’interroge en lettres, et puis on l’interroge en histoire... En fait, ce sont deux questionnement qui sont dissociés, donc on continue à faire du français d’un côté, et de l’histoire-géographie de l’autre. Des projets ont été proposée pour étudier ensemble, professeur de lettres et d’histoire, la correspondance de guerre, travailler sur : qu’est-ce que c’est que la correspondance ? Mais en guerre. Et là, on a bien un questionnement à faire ensemble. Qu’est-ce que c’est qu’écrire une lettre en guerre et pendant la Première Guerre mondiale ? Et cela, c’est tout autre chose que deux questionnements qui soient à la fois lettres et histoire-géographie. Il y a eu beaucoup d’initiatives qui ont permis en plus d’intéresser – avec cette matière très riche dont on a parlé : les sources, les monuments, les traces... – les élèves à cette question.

Pour conclure réellement mon propos, nous sommes étonnés, à la Mission du centenaire, de voir combien le 11 Novembre n’est pas un point d’arrêt des commémorations, mais qu’il semblerait même un point de départ. Car on s’est dit : « après le 11 Novembre, on va pouvoir se reposer ». En fait, on se rend compte... Par exemple, il y a une troisième vague de labellisation des projets pédagogiques qui remontent des comités académiques. On va avoir autant de projets que la deuxième vague, qui avait lieu à la même époque en 2013. Avec le fait que les médias aient insisté sur l’idée, le 11 novembre, qu’on était au 96e anniversaire de l’armistice, on a l’impression que les gens commencent à se rendre compte de l’horizon de 2018, en disant : « Mais cela va être le centenaire en 2018 ! » Donc là où la Mission du centenaire travaillait déjà sur le centenaire des mobilisations de l’entrée en guerre de la Première Guerre mondiale en 2014, on a l’impression qu’il y a un basculement en train de se faire, déjà sur un compte a rebours 2018. C’est assez étonnant à voir, ce changement. Je suis beaucoup sur les routes de France et en ce moment, tous les jours, on me dit : « Alors, la mission, elle continue ? Parce qu’il y a quand même 2016, Verdun... » Pour le monde de l’éducation nationale, cela va être énorme. Verdun, c’est le cycle trois, troisième-première... c’est dans tous les programmes. C’est surtout un lieu de mémoire européen absolument important, voire au-delà, puisqu’il y a le Centre mondial de la paix, maintenant, à Verdun. Je pense qu’on est parti pour un cycle commémoratif long, qu’on va tenter peut-être – on aura la réponse dans quelque temps, dans quelques heures –, avec une mission qui va se poursuivre sur ces années, avec toujours l’idée de mettre en place une saison culturelle. S’approcher de la Première Guerre mondiale par le contemporain. Et qu’est-ce qui est le plus contemporain ? C’est bien la création culturelle pour pouvoir absorber ces mémoires et cette histoire de la Première Guerre mondiale.

Je vous remercie pour votre écoute.